Vive les bons livres !

 

« Qui donc ignore l’influence immense qu’exerce sur l’esprit d’un ami la voix de l’ami qui l’avertit franchement, l’aide de ses conseils, le reprend, le relève, le détourne de l’erreur ? Bienheureux celui qui trouve un ami véritable… celui qui l’a trouvé a trouvé un trésor. Nous devons dès lors mettre les livres pieux au nombre de nos amis vraiment fidèles. Car ils nous rappellent sévèrement à nos devoirs et aux prescriptions de la discipline légitime ; ils réveillent dans nos cœurs la voix céleste qu’on voudrait étouffer ; ils secouent la torpeur de nos bons propos ; ils ne nous laissent pas dormir dans une tranquillité perfide ; ils nous reprochent nos affections moins recommandables ou dissimulées ; ils découvrent aux imprudents les dangers qui souvent les attendent. Ils nous rendent tous ces bons offices avec une bienveillance si discrète qu’ils sont pour nous non seulement des amis, mais encore, et de beaucoup, les meilleurs amis. »

(Saint Pie X, Hærent animo, 4 août 1908.)

 

Des buts simples et salutaires

 

Les buts de l’Association Saint-Jérôme sont simples et salutaires, puisqu’ils consistent à fournir au prochain l’occasion plus facile de pratiquer une ou plusieurs des quatre premières œuvres de miséricorde : enseigner à ceux qui les ignorent les vérités du salut ; convertir les pécheurs en les faisant revenir de leur égarement ; consoler les affligés ; donner, à ceux qui en ont besoin, les conseils et les directives de l’Église.

La protection de saint Jérôme est implorée pour pouvoir procurer au lecteur catholique des écrits dont l’orthodoxie doctrinale est garantie d’une manière ou d’une autre par l’Église elle-même.

 

De nouvelles techniques d’édition

 

Enfin, que la moindre des choses vienne à son rang – le dernier, c’est justice, mais il faut qu’elle vienne et qu’on en parle. Le monde de l’édition, en raison du renouvellement des techniques, s’est ouvert et étendu. Pour l’édition catholique, cela a permis la reproduction de nombreux ouvrages anciens qui ont été ainsi rendus accessibles à un large public. Il faut s’en féliciter, mais on peut regretter que cela se soit accompagné d’une dégradation de la qualité typographique des livres — et, par le fait même, d’une dégradation de la vertu de la lecture.

 

Qualité typographique

 

Nous consacrons donc un soin suffisant et adéquat à l’aspect et à la présentation des ouvrages vénérables que nous éditons ou nous rééditons. Une mise correcte, sans être luxueuse, n’est ni superflue ni impossible.

 

En effet, la qualité typographique des livres, fruit de la fidélité aux règles de l’art telles que des siècles d’expérience les ont établies et sagement perfectionnées, est d’importance. En se mettant au service du texte qu’elle fait rayonner, en facilitant la lecture, en rendant plus aisée la réflexion, la typographie contribue à l’enrichissement intellectuel et spirituel du lecteur.

 

La charte de l’édition catholique

 

C’est ce qu’enseigne magnifiquement le pape Pie XII, dans un discours à des éditeurs catholiques italiens :

 

« Est-il donc nécessaire de dire qu’un éditeur catholique ne s’en tient qu’à ce qui est bon ? Alors que l’intérêt commercial pourrait l’induire à transiger avec la morale, il repousse toute complaisance à ce qu’il sait que sa conscience réprouverait. Mais en outre il a le plus grand souci de la qualité. Il n’accepte qu’un livre honnête dans son orientation, soigné et correct ; et il s’applique à donner à ce fond solide une forme appropriée. Il n’ignore pas la somme de connaissances et de travail que cela réclame et il n’épargne aucune fatigue pour arriver à la perfection que lui permettent ses moyens. Le papier et les caractères seront choisis avec la plus grande attention ; ensuite la composition, qui est l’œuvre d’art proprement dite, présentera le texte dans les meilleures conditions d’harmonie, de clarté et d’élégance ; l’impression même aura tout le fini et la précision désirables, de sorte que tous les moyens et les méthodes de la technique et de la tradition seront mis au service du goût et de l’invention pour faire de l’œuvre la plus modeste un travail de style, une belle chose, une source de joie permanente. » (A.A.S., 1954, p.712.)

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